Aider moins, soutenir mieux Si tu es ici, c’est probablement que tu as déjà compris une chose importante : aider son enfant ne consiste pas à intervenir davantage. Tu as vu que trop parler, trop corriger, trop anticiper peut devenir une pression. Mais une question...
Quand aider devient une pression
Quand un enfant joue au tennis,
le parent est souvent animé d’une intention sincère :
aider, soutenir, encourager.
Mais entre aider et intervenir,
la frontière est parfois fine.
Et sans s’en rendre compte,
ce qui devait soutenir peut devenir une source de pression.
Une pression rarement consciente
Dans la grande majorité des cas,
la pression parentale n’est ni volontaire, ni malveillante.
Elle s’exprime souvent à travers :
- des attentes implicites
- des réactions émotionnelles fortes
- des commentaires répétés après les matchs
- une difficulté à laisser l’enfant vivre ses expériences
L’enfant le ressent, même si rien n’est dit clairement.
Il comprend que le résultat compte.
Que certaines émotions sont mieux acceptées que d’autres.
Le regard du parent devient un enjeu
À partir de là, le match ne se joue plus seulement sur le court.
Il se joue aussi dans le regard du parent :
- vais-je être valorisé si je gagne ?
- vais-je décevoir si je perds ?
- ai-je le droit d’être en difficulté ?
L’enfant peut alors :
- se crisper
- jouer avec la peur de mal faire
- perdre le plaisir
- ou se fermer émotionnellement
Ce n’est pas un manque de motivation.
C’est une surcharge.
Ce que rappelle Yves de Riedrich
Yves de Riedrich, spécialiste de la formation et de l’accompagnement mental,
insiste sur un point fondamental :
la performance durable repose sur un équilibre entre trois rôles :
- le joueur
- le parent
- le coach
Quand un rôle prend trop de place,
les autres se déséquilibrent.
Un parent trop présent empêche l’autonomie.
Un coach trop directif empêche la réflexion.
Un joueur trop passif n’apprend plus.
Le rôle juste du parent
Le parent n’est ni un coach,
ni un juge,
ni un gestionnaire de carrière.
Son rôle est plus simple — et plus subtil :
- offrir un cadre sécurisant
- accueillir les émotions sans les corriger
- valoriser l’effort plutôt que le résultat
- laisser l’enfant faire ses propres expériences
Un enfant progresse mieux quand il se sent :
- soutenu
- libre
- responsable
Accompagner, ce n’est pas diriger
Accompagner,
c’est marcher à côté.
Ce n’est pas montrer le chemin à chaque pas,
mais être présent si l’enfant trébuche.
C’est accepter qu’il apprenne :
- par l’erreur
- par la frustration
- par l’expérience directe
Sans cela, il ne développe ni autonomie,
ni confiance réelle.
