Aider moins, soutenir mieux Si tu es ici, c’est probablement que tu as déjà compris une chose importante : aider son enfant ne consiste pas à intervenir davantage. Tu as vu que trop parler, trop corriger, trop anticiper peut devenir une pression. Mais une question...
Être parent d’un enfant qui évolue dans le sport — comme dans la vie — c’est souvent marcher sur un fil : comment soutenir sans projeter ? Encourager sans étouffer ? Aider sans faire à sa place ?
Yves de Riedrich
Accompagner sans s’imposer
Accompagner ton enfant au tennis demande de la présence,
de l’écoute et du soutien,
sans prendre la place de l’entraîneur.
Tu veux bien faire.
Tu veux aider.
Tu veux que ton enfant progresse.
Et pourtant, il existe des pièges subtils
qui transforment parfois cet accompagnement
en pression invisible.
L’écoute avant tout
Un enfant qui se sent entendu
se sent libre de jouer,
d’explorer,
d’oser.
Trop souvent,
on conseille,
on corrige,
on analyse,
alors que l’enfant attend simplement une présence calme.
Le rôle du parent n’est pas le coach
En match, ta place n’est pas sur le côté en train de disséquer chaque point.
La place du parent est un espace de sécurité,
de retour au centre,
de respiration.
L’enfant ne progresse pas *parce que tu parles*,
mais parce qu’il se sent soutenu *sans jugement*.
Les questions qui ouvrent
Après un match, demande plutôt :
- Qu’est-ce qui t’a fait plaisir aujourd’hui ?
- Qu’est-ce qui t’a semblé facile ?
- Qu’est-ce qui t’a semblé difficile ?
Ce type de questions encourage l’enfant à réfléchir
et à s’approprier son jeu,
plutôt qu’à simplement obéir à des consignes.
Pour aller plus loin
Quand aider devient une pression (les pièges fréquents des parents)
d’un « trio gagnant » entre l’enfant, ses éducateurs (ou entraîneurs), et ses parents. Ce trio fonctionne quand chacun reste à sa place, dans le respect des rôles, des rythmes, et surtout… dans la bienveillance.
À ce trio, j’aime ajouter deux piliers précieux :
- La liberté d’expression de l’enfant, essentielle pour qu’il développe sa propre autonomie émotionnelle et mentale.
- La sagesse d’un regard plus large, que l’on retrouve dans les enseignements de Sadhguru :
« Vous n’élevez pas un enfant. Vous accompagnez une vie en devenir. »
Observer plutôt que contrôler
Trop souvent, le parent veut « bien faire », et finit par prendre le contrôle : sur l’entraînement, sur les choix, sur l’attitude de l’enfant. Pourtant, dans la durée, la sérénité naît quand le parent devient un observateur actif, un soutien, mais pas un pilote automatique de la vie de l’enfant.
Ce que j’ai appris, autant sur le terrain de tennis que sur mon tapis de yoga, c’est que l’enfant a besoin d’espace intérieur pour apprendre, essayer, échouer… et recommencer. La meilleure chose qu’un parent puisse offrir, c’est cette présence stable qui ne juge pas mais qui soutient. Comme le professeur de yoga qui guide sans imposer, et laisse l’élève explorer son propre corps, à son propre rythme.
Concrètement ?
- Crée des espaces de parole sans attente : parfois l’enfant ne veut pas parler après un match. Et c’est OK. Il le fera à sa façon, quand il sera prêt.
- Respire avant de réagir : un échec, une blessure, une colère ? Respire. Reviens à toi. Et offre-lui un modèle de stabilité émotionnelle.
- Pose-toi cette question : est-ce que je parle pour l’aider ou pour me rassurer ?
La sérénité, ce n’est pas ne rien ressentir. C’est apprendre à répondre au lieu de réagir. Et ça, c’est autant un chemin pour le parent que pour l’enfant.
À lire ensuite : Comment le yoga aide les adultes à mieux gérer la pression sur le court
