Mon histoire : de la frustration à la transformation
Il y a un moment précis où j’ai compris que le problème n’était pas mon tennis,
mais la manière dont je me rapportais à lui.
Pendant longtemps, j’ai cru que plus je contrôlerais, plus je progresserais.
En réalité, plus je cherchais à maîtriser, plus je me coupais de mon jeu.
Mes débuts : progresser vite… trop vite
Chaque année, je montais d’un ou deux classements.
À 15 ans, j’étais 30. Puis 15/5. Puis 15/3.
Extérieurement, tout allait bien.
Intérieurement, la pression commençait à s’installer.
En changeant de club pour rejoindre une structure plus exigeante,
je découvre un nouveau contexte : plus de niveau, plus d’attentes,
et surtout, plus de regard extérieur.
Je me surprends à regarder le tableau des matchs.
À imaginer des scénarios.
À me projeter trop loin.
Alors je décide d’arrêter.
Je viens cinq minutes avant le match.
Je joue.
Déjà, sans le savoir, je cherchais à revenir au présent.
Changer de style pour changer d’état
Vers 16–17 ans, je fais un choix volontairement inconfortable :
m’entraîner uniquement avec des contreurs et des relanceurs.
Des joueurs qui ralentissent le jeu.
Qui coupent.
Qui obligent à rester dans l’échange.
Tout ce que je détestais.
Et précisément pour cette raison.
Je voulais apprendre à rester calme.
À ne plus exploser.
À ne plus me laisser emporter par mes émotions.
J’y suis parvenu.
Mais à un prix.
J’ai perdu mon agressivité naturelle.
Mon instinct.
Mon relâchement.
Je suis devenu très cérébral.
Je voulais comprendre chaque prise,
chaque placement,
chaque variation.
Je pensais que plus je comprendrais,
plus je gagnerais.
Avec le recul, je vois aujourd’hui les limites de cette approche.
Comprendre ne suffit pas.
Comme je l’explique ici :
pourquoi la technique seule ne suffit pas
.
Quand le corps ne suit plus
À force d’enseigner beaucoup et de jouer moins,
mon corps commence à perdre en disponibilité.
Je filme mes matchs.
J’analyse tout.
Mais je frappe moins fort.
Je me déplace moins bien.
Je compense.
Je reste à niveau égal pendant un temps,
puis je recule.
Ce que je vivais alors,
beaucoup de joueurs le vivent aussi :
une perte progressive de fluidité,
sans comprendre pourquoi.
J’en parle plus en détail dans cet article :
la performance ne disparaît pas du jour au lendemain
.
Une claque pédagogique
À cette période, je dirige une école de tennis.
Une jeune joueuse progresse très vite.
Elle est engagée aux Championnats de France.
Je sens qu’elle n’est pas prête.
Mais j’accepte.
Elle perd lourdement.
Elle est dévastée.
Et elle arrête le tennis.
Cette expérience me marque profondément.
Elle m’apprend une chose essentielle :
la progression ne peut pas être forcée.
L’environnement,
le timing,
l’état intérieur
comptent autant que le niveau technique.
Le tournant : yoga et respiration
Plus tard, à l’étranger,
je découvre le yoga.
Pas comme une mode.
Pas comme un complément.
Mais comme une véritable pratique de réorganisation intérieure.
J’y découvre la respiration,
l’axe,
la stabilité,
et surtout une autre relation à l’effort.
Je comprends que les limites
sont souvent mentales,
et que le corps s’adapte
quand on lui laisse de l’espace.
Cette approche transforme ma manière de jouer,
puis ma manière d’enseigner.
Le relâchement et la respiration
deviennent des piliers,
comme je l’explique ici :
l’importance du relâchement et de la respiration
.
Ce que j’ai appris
- Le progrès n’est jamais linéaire
- Forcer ralentit plus que ça n’accélère
- L’état intérieur précède la performance
- L’effort juste est plus simple que la lutte mentale
Aujourd’hui, je place l’état d’être
au cœur de la progression,
comme je le développe dans cet article :
l’excellence réside dans l’état d’être
.
Au tennis comme dans la vie,
ce n’est pas une question de talent,
mais d’équilibre,
d’attention
et d’engagement.
Vaut mieux fait que parfait.
Puis un jour, presque par hasard, j’ai rencontré le yoga.
En 2014, le yoga est entré dans ma vie.
Comme un partenaire silencieux. Une respiration dans le tumulte.
Six jours sur sept. 45 minutes par jour. 1h30 le samedi.
Et peu à peu, mon corps a changé. Mon esprit aussi. Mon jeu surtout.
Mon dos s’est apaisé. Ma concentration est devenue fine, presque chirurgicale.
Et ce point par point que je rêvais de jouer comme un guerrier calme, j’ai enfin pu le faire.
Ce n’était pas magique.
C’était juste… régulier, propre
Et profond.
Alors en 2022, j’ai passé mon diplôme d’instructeur de yoga Ashtanga.
Pour que ce lien entre pratique corporelle, lucidité mentale, et plaisir du jeu devienne non pas une parenthèse, mais un chemin.
Aujourd’hui, ce chemin, je le partage avec toi.
Ce blog est un espace pour les joueurs non classés à 3/6, les passionnés, les parents d’enfants en compétition…
Tous ceux qui savent, au fond, qu’une action juste vaut plus qu’un effort impulsif.
Tu trouveras ici des routines simples mais puissantes.
Des idées concrètes à mettre en place chez toi, sur le court, ou entre les deux.
Pour que ton tennis devienne plus qu’un jeu : un art de vivre.
