La plupart des joueurs amateurs jouent au tennis comme s’ils suivaient un mode d’emploi Ikea.
1. Prise de raquette
2. Ouverture de la main
3. Orientation des épaules
4. Se placer
Ils récitent cette checklist dans leur tête pendant que la balle arrive.
Le tennis n’est pas une suite d’étapes à cocher.
C’est une relation avec une balle en mouvement.
Le problème, c’est que la balle, elle, ne lit pas la notice, d’ailleurs elle n’a pas de yeux.
La balle suit simplement tes instructions et si elle attire dans le filet, ça veut dire qu’elle a compris ce message de ta part.
Ton vrai ennemi n’est pas ta technique
C’est ton attention (et ton état d’esprit)
Au tennis, tu n’as pas le luxe de tout analyser.
Tu dois voir, te déplacer et frapper.
Quand tu es reconnaissant de chaque petit progrès,
quand tu acceptes que le verre est déjà à moitié plein,
ton mental se détend.
Tu deviens plus humble, plus réceptif.
Et quand ton mental se détend, ton timing revient.
À l’inverse, quand ton attention est coincée dans la mécanique du geste, tu perds le rythme de la balle.
Tu arrives trop tôt.
Ou trop tard.
Et tu forces.
Pourquoi tu finis par forcer avec les bras
Ton corps est une chaîne de puissance.
La force devrait partir du sol : pieds → jambes → bassin → tronc → épaule → bras →main→raquette.
Et tout ça dans la bon ordre.
Dans la majorité des cas cette chaîne est cassée à la base.
Les pieds ne sentent pas le sol.
Le bassin est rigide.
Le centre du corps ne transmet rien.
Alors le cerveau fait ce qu’il peut :
il compense avec le bras.
Tu peux t’entraîner comme ça pendant des années.
Tu frapperas toujours en dépendant plus d’énergie mais jamais avec de l’efficacité.
C’est là que les douleurs arrivent.
Un joueur bloqué ne sent rien
Quand ton corps est tendu, ta perception est coupée..
Tu ne sens plus :
la distance avec la balle
le moment exact pour frapper
la qualité du contact
Tu frappes « en espérant”.
À l’inverse, quand ton corps est relâché et connecté au sol, tu sens la balle.
Tu ajustes sans réfléchir, tu danses
Tu frappes plus souvent au milieu de la raquette (moins de bois).
Non pas parce que tu es plus musclé.
Parce que ton système nerveux reçoit de nouvelles informations.
Ce n’est pas technique c’est physiologique.
La respiration n’est pas une option.
C’est le début de la performance
Respirer profondément entre les frappes fait deux choses mesurables :
Ça relâche les tensions parasites (avant-bras, épaules, mâchoire).
Ça rétabli la perception du corps dans l’espace.
Quand tu expires, tu vois mieux la balle.
Tu te places mieux.
Tu frappes plus propre.
La balle devient plus lisible.
Le timing revient.
Le verre à moitié plein… et ton jeu
Deux joueurs peuvent faire exactement la même séance.
L’un repart avec cette phrase dans la tête :
« Je rate encore. »
L’autre repart avec une nouvelle sensation :
« J’ai senti quelque chose de différent aujourd’hui. »
Même situation (même entrainement)
Interprétation différente.
Et c’est là que tout se joue.
Le premier voit ce qui manque.
Le second voit ce qui s’est mis en mouvement, même si c’est encore fragile, encore flou.
Ce sont ces petits signaux — un meilleur timing, un contact plus propre, une sensation nouvelle — qui font avancer un joueur. Pas les grandes victoires. Les micro-changements.
Quand tu t’autorises à reconnaître ces petits pas, ton corps se détend.
Ton système nerveux comprend que tu es en sécurité.
Tu deviens plus réceptif.
À l’inverse, quand tu es constamment en train de juger ce qui ne va pas, tu te contractes.
Tu luttes contre ton propre corps. Et plus tu luttes, moins tu sens. Et moins tu sens plus tu joues dans les carrés.
Un même entraînement peut être un poison ou un remède.
Tout dépend de la façon dont tu es au même de l’entraînement.
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Choses simple à faire des le prochain entraînement.
Pendant un échange :
Pendant et après chaque frappe, expire lentement.
Ne regarde pas la balle jusqu’à ce qu’elle rebondisse en face.
Laisse les épaules tomber entre chaque frappes et marqué une pause au plus tard quand ta balle rebondit en face.
Ne cherche pas à frapper plus fort.
C’est ta qualité d’ancrage avec le sol et ton côté relâché avec le haut qui te permettra de débloquer l’énergie.
Cherche à sentir plus juste.
Et entre deux points, si tu rates, observes,.fait un constat (comme un accident de voiture ex : ma balle a atterrit la)
Et c’est tout.
Point suivant.
Remobilise toute ton attention pour jouer le point suivant.
En réalité c’est tout ce que tu peux faire.
De ne pas rester dans cette mauvaise spirale.
Reviens sur ta respiration. Par le nez.
C’est comme ça que la vraie puissance se construit.
