La distraction : s’éloigner du centre

Le mot distraction vient du latin
distractio,
issu du verbe
distrahere.

Dis- signifie « en plusieurs directions ».
Trahere signifie « tirer ».

Être distrait,
c’est donc littéralement
être tiré ailleurs,
être séparé de son axe,
être emmené hors de son centre.

Cette définition est essentielle.

Quand tu es distrait,
tu ne fais pas seulement attention à autre chose.
Tu quittes ton centre.

Et au tennis,
dès que tu t’éloignes de ton centre,
tout commence à se dérégler.


Quand tu commences à être distrait, le reste se dérègle

Quand l’attention se disperse,
le corps suit.

Le corps sort de son axe.
La respiration devient plus courte.
Le timing se décale.
Le geste se fragmente.

Ce n’est pas brutal.
C’est progressif.
Presque invisible.

Tu continues à jouer,
mais quelque chose n’est plus tout à fait juste.

Ce n’est pas un problème de technique.
C’est un problème de présence.

Tu arrives en retard sur la balle
non pas parce que tu es lent,
mais parce que tu n’étais plus vraiment là.


Distraction et tennis loisir

Dans le tennis loisir,
la distraction est souvent banalisée.

On parle.
On plaisante.
On pense à la journée,
au score,
au point précédent.

Rien de grave en apparence.

Mais chaque petite sortie d’attention
t’éloigne un peu plus de ton centre.
Et plus tu t’en éloignes,
plus le jeu devient compliqué.


Être concentré, ce n’est pas forcer

On confond souvent concentration et tension.
En réalité,
c’est l’inverse.

Être concentré,
c’est revenir au centre
.

  • centre du corps
  • centre du souffle
  • centre de l’attention

Quand tu es centré :

  • le corps se place naturellement
  • la frappe devient plus fluide
  • l’effort diminue
  • le plaisir revient

C’est pour cela que,
certains jours,
sans rien changer techniquement,
tu joues mieux.

Tu n’as rien ajouté.
Tu es simplement revenu là où tu étais déjà.


Le yoga : apprendre à revenir à l’axe

Le yoga n’est pas un ajout au tennis.
C’est un entraînement du retour au centre.

Par la respiration,
par la posture,
par l’attention,
tu réapprends à habiter ton corps.

Mais il y a un point essentiel :
il y a un temps pour tout.

Comme au yoga,
quand tu replies le tapis,
c’est terminé.
Tu ne forces pas l’état.
Tu ne le prolonges pas artificiellement.

Tu entraînes l’attention,
puis tu laisses faire la vie.

Ce muscle de l’attention se travaille.
Et quand il est entraîné,
le corps et le mental
répondent comme tu le souhaites.
Non par contrôle,
mais par habitude.


Un exemple simple : l’intention avant le service

Avant de servir,
si tu te dis :
« pas dans le filet, pas dans le filet »,
où va ton attention ?

Dans le filet.

Le cerveau fonctionne par images.
Il ne comprend pas la négation.

Si je te dis :
« ne pense pas à un singe bleu pendant une minute »,
tu y penses immédiatement.

Alors la vraie question n’est pas :
qu’est-ce que tu ne veux pas ?

Mais :
quelle est ton intention ?

La plupart des joueurs savent très bien
ce qu’ils ne veulent pas.
Ou savent ce qu’ils veulent,
mais abandonnent après quelques essais.
Ils se convainquent eux-mêmes
que ce n’est pas possible.

Dans Balance Tennis,
on ne lutte pas contre ça.
On clarifie ce que l’on veut,
et on affine les outils pour le créer.

Sans se demander tout de suite si c’est possible.
Ça viendra plus tard.


Revenir au centre, encore et encore

Avant de servir,
ou entre deux points :

  • inspire calmement
  • expire un peu plus longuement
  • sens le poids du corps dans le sol

Ne cherche pas à penser mieux.
Reviens dans le corps.

Le mental suit toujours le corps.


Conclusion

La distraction n’est pas un défaut.
C’est un éloignement de l’axe.

Revenir au centre,
ce n’est pas se prendre au sérieux.
C’est juste revenir là où tout commence.

Quand l’attention est claire,
le corps aide.
Le mental se pose.
Et quelque chose de plus grand que toi
vient naturellement t’épauler.

Le tennis redevient alors
ce qu’il devrait toujours être :
un jeu de présence,
de simplicité
et de cœur.



À lire ensuite : se recentrer