Pourquoi ton jeu se referme en match
À l’entraînement, ton jeu est là.
Tu arrives à jouer long.
À t’engager dans la frappe.
À sentir la balle.
Tu varies.
Tu prends des décisions.
Tu joues avec de la marge.
Et puis le match commence.
Sans prévenir,
quelque chose change.
Le jeu se referme.
Les trajectoires raccourcissent.
Le bras se retient.
Le geste perd de sa liberté.
Tu pousses la balle.
Pas parce que tu ne sais plus jouer.
Mais parce qu’avant même que l’échange ne se développe,
quelque chose s’est déjà conclu dans ta tête.
Le jeu se ferme d’abord dans la tête
En match, le problème n’est pas ce qui se passe.
Le problème, c’est ce que tu en conclus.
Une balle un peu courte.
Un point perdu.
Un regard de l’adversaire.
Et très vite, sans t’en rendre compte :
- « Ça va être dur »
- « Je ne suis pas dedans aujourd’hui »
- « Il ne faut surtout pas rater »
Ces conclusions ne sont pas toujours formulées.
Mais le corps, lui, les entend.
Et dès qu’une conclusion est posée,
le jeu n’est plus vivant.
Assurer devient une conséquence logique
Quand tu as déjà conclu intérieurement,
tu ne joues plus la situation.
Tu joues contre ce que tu redoutes.
Alors tu assures.
Tu raccourcis.
Tu retiens le geste.
Non pas par manque de courage,
mais parce que ton système cherche à éviter
ce que tu as déjà décidé comme « dangereux ».
Et plus tu assures,
plus la pression augmente.
Un cercle se referme.
Quand le mental essaie de reprendre la main
À ce moment-là,
le mental tente de contrôler.
Il analyse.
Il anticipe.
Il commente chaque point.
Mais le tennis ne se joue pas
dans l’analyse.
Entre la perception et la frappe,
il n’y a pas le temps de réfléchir.
Plus tu cherches à contrôler,
plus le corps se rigidifie.
Et plus le geste perd sa liberté.
S’ouvrir, ce n’est pas se rassurer
S’ouvrir, ce n’est pas se dire
que tout va bien se passer.
Ce n’est pas non plus chasser la peur.
S’ouvrir, c’est voir la situation telle qu’elle est,
sans conclure.
Une balle est longue ou courte.
Un échange est rapide ou lent.
Un point est gagné ou perdu.
Rien de plus.
Quand tu arrêtes de conclure,
l’attention revient naturellement :
- dans le corps,
- dans le souffle,
- dans le rythme,
- dans les appuis.
Et quand l’attention est là,
le jeu peut à nouveau respirer.
Jouer juste quand ça compte
Jouer juste en match,
ce n’est pas jouer sans tension.
C’est jouer sans laisser
les conclusions mentales décider à ta place.
C’est rester disponible à ce qui se passe,
point après point,
sans figer l’histoire.
Le jeu ne se rouvre pas
par la volonté.
Il se rouvre
quand tu redeviens présent
à ce qui est là.
Pour comprendre comment installer cette lucidité,
les routines jouent un rôle central.
