La distance mentale : respirer pour clarifier, évoluer et laisser le jeu s’exprimer
Imagine cette situation.
Un point important.
La balle arrive un peu plus vite que prévu.
Tu sais ce que tu devrais faire.
Et pourtant…
Ton corps part tout seul.
La frappe sort.
Ou tombe dans le filet.
Quelques secondes plus tard, cette phrase familière apparaît :
« Je savais quoi faire… pourquoi je n’ai pas réussi à le faire ? »
Ce décalage entre ce que tu sais et ce que tu fais
ne vient pas d’un manque de technique.
Il vient d’un manque de distance mentale.
Apprendre à créer cette distance,
c’est passer de la réaction automatique
à la réponse consciente.
C’est ce moment où tu peux te dire, après le point :
« J’ai vu clair. J’ai fait ce que j’avais à faire. »
La distance mentale : non pas se couper, mais se rassembler
On croit souvent que prendre de la distance,
c’est s’éloigner de ce que l’on vit.
En réalité, c’est exactement l’inverse.
Créer de la distance mentale,
c’est rassembler ce qui était dispersé en toi :
le souffle, l’attention, l’intention, le geste.
Tu ne te détaches pas du jeu.
Tu redeviens capable de tout sentir en même temps,
sans être submergé.
C’est comme remettre de l’ordre dans un espace encombré.
Les informations s’organisent.
Les tensions inutiles se relâchent.
Le système redevient lisible.
Tu n’es pas moins impliqué.
Tu es plus présent.
Relier souffle, regard et geste
La distance mentale n’est pas un concept abstrait.
Elle se vit dans le corps.
Quand tu respires plus bas,
ton regard se stabilise.
Quand ton regard se stabilise,
ton geste devient plus simple.
Quand le geste s’adoucit,
l’intention devient claire.
C’est pour ça que certains joueurs donnent l’impression
d’avoir plus de temps que les autres.
Ils ne sont pas plus rapides.
Ils sont plus unifiés intérieurement.
Tout part du même endroit.
Tout arrive au même moment.
Fluidifier plutôt que forcer
Quand tu es dispersé,
tu joues par à-coups.
Un coup de tension.
Un coup de précipitation.
Un coup de doute.
Quand tu es rassemblé,
le jeu devient continu.
Un mouvement prépare le suivant.
Une respiration prépare la décision.
Une intention prépare l’action.
Cette fluidité est la base d’un tennis intelligent.
Un tennis où tu n’as pas besoin de forcer
pour que les choses se mettent en place.
C’est dans cet espace que les habitudes peuvent changer
On ne change pas ses habitudes en se crispant.
On ne les change pas en se jugeant.
On ne les change pas en “pensant plus”.
Les habitudes se transforment
au moment précis où tu crées assez d’espace intérieur
pour ne plus réagir automatiquement.
Tant que tu es pris dans la réaction,
tu rejoues ton passé.
Mais dès que souffle, regard et geste se rassemblent,
une nouvelle option apparaît.
Même si cet instant est très court,
c’est là que tout devient possible.
Tu peux ajuster ton rythme.
Affiner ton geste.
Modifier ton intention.
Prendre une autre décision.
Le changement naît toujours dans cet espace subtil,
quand tu ne luttes plus contre toi-même,
mais que tu redeviens capable de choisir.
Tu ne peux pas empêcher ton mental de penser
Si je te dis :
« Ne pense pas à un singe bleu »,
tu y penses immédiatement.
Le mental ne sait pas s’arrêter.
Il sait seulement répéter.
C’est pour ça que lutter contre une pensée ne fonctionne pas.
Plus tu combats, plus tu renforces.
La seule issue,
c’est de changer de position intérieure.
De prendre de la distance.
Et cette distance commence toujours
par la respiration,
par la douceur,
par la cohérence du corps.
Là où va ton attention,
va ta manière de jouer.
Et souvent, va ta manière de vivre.
Action immédiate
Lors de ton prochain entraînement ou match,
dès que tu sens une réaction impulsive monter :
prends une seule respiration,
lente, profonde, complète.
Sans chercher à corriger.
Juste pour sentir.
Observe ce qui se relâche en toi.
Tu viens de recréer de la distance mentale.
Tu peux maintenant répondre,
au lieu de réagir.
Pour aller plus loin, je te propose de poursuivre avec un autre article du blog,
où j’aborde la relation entre le temps, la présence et la qualité de tes décisions sur le court.
