Tu n’as pas besoin d’en faire plus
Quand le jeu bloque ou que les progrès ralentissent,
on pense presque toujours qu’il faut en faire plus.
Plus d’exercices.
Plus de paniers.
Plus de physique.
Plus d’analyses.
Ce réflexe est compréhensible.
Mais il est rarement juste.
Très souvent,
le problème n’est pas ce que tu fais,
mais la manière dont tu es présent à ce que tu fais.
Le corps n’apprend pas par accumulation
Ton corps ne progresse pas parce que tu enchaînes les frappes.
Il progresse quand une information devient claire,
dans un état de disponibilité.
Une frappe observée,
sentie,
habitée,
peut transformer plus de choses
que trente frappes mécaniques.
Tu peux jouer une heure entière
en essayant de corriger ta technique.
Ou vingt minutes
en regardant vraiment la balle,
en écoutant l’impact,
en laissant ton corps s’organiser.
Dans le deuxième cas,
le corps apprend.
Le piège du vouloir bien faire
Quand tu rates,
ton mental veut s’en sortir.
Il pousse.
Il corrige.
Il accélère.
Mais ce trop-plein d’intention
crée souvent l’effet inverse :
plus de tension,
moins de clarté,
moins de timing.
Tu veux bien faire,
alors tu forces.
Et plus tu forces,
plus tu t’éloignes
de la sensation juste.
Ce n’est pas que tu manques de travail.
C’est que tu as besoin
de moins lutter
et de plus sentir.
Un exemple vécu
J’ai vu un joueur expérimenté
perdre complètement ses volées en match.
Plus il ratait,
plus il s’énervait intérieurement.
Plus il s’énervait,
plus son corps se raidissait.
À la pause,
je ne lui ai pas parlé de technique.
Je ne lui ai rien corrigé.
Je lui ai simplement dit :
Tout est déjà à l’intérieur de toi.
Il est retourné au filet.
Il a ralenti.
Il a pris le temps entre chaque frappe.
Moment après moment.
Frappe après frappe.
Son corps s’est réorganisé tout seul.
Sans effort.
Sans consigne.
Il n’avait pas besoin d’en faire plus.
Il avait besoin de se laisser faire.
Pour finir
Tu n’as pas besoin d’avoir une opinion sur ton niveau de jeu aujourd’hui.
Comme le dit Sadhguru :
« Aujourd’hui, c’est comme c’est.
Et ça ne peut pas être autrement. »
Quand tu arrêtes de commenter,
de juger,
de te raconter une histoire sur ton jeu,
quelque chose se détend.
Tu reviens au réel.
En deux mots :
voir la situation telle qu’elle est,
et dévotion.
Voir clairement ce qui est là,
sans le déformer.
Et t’engager pleinement,
non pas pour prouver,
mais par respect pour l’action elle-même.
Avec cette forme de dévotion —
cet engagement simple et sincère —
tu accèdes à un autre type d’intelligence.
Une intelligence qui ne force pas.
Qui ne compare pas.
Qui ne surjoue pas.
Elle ajuste.
Elle relie.
Elle laisse le jeu se faire.
À tester cette semaine
- Choisis un seul geste
(service, coup droit ou volée). - Réduis volontairement le nombre de frappes.
- À chaque frappe,
observe simplement ton regard
et la tension dans ta main.
Joue moins.
Observe plus.
Laisse ton corps faire
ce qu’il sait déjà faire.
Ressens le sol sous tes pieds.
Simplifier pour libérer
Il ne s’agit pas de faire moins par facilité.
Il s’agit de faire moins
pour laisser de l’espace.
quand tu arrêtes de vouloir corriger,
le jeu retrouve sa fluidité naturelle.
Parce que,
au fond,
tout est déjà à l’intérieur de toi.
C’est juste pas bien organisé. priorise ça : cette cohérence en interne.
À lire ensuite :
Ne travaille pas contre ton corps
