Du sol à la frappe : circulation, vibration et relâchement
Au tennis, on parle souvent du bras, de la raquette ou d’un geste à répéter.
Pourtant, la réalité est plus simple — et en même temps plus fondamentale :
un coup de tennis commence toujours par le sol.
L’énergie naît d’en bas
Quand tu appuies contre le sol avec tes pieds,
tu ne fais pas simplement « tenir debout » ton corps.
Tu entres dans une relation mécanique claire :
le sol te renvoie une force.
C’est le principe d’action–réaction.
Cette force devient une énergie qui traverse ton corps :
pieds → jambes → bassin → tronc → épaule → bras → raquette
Si cette chaîne est continue et fluide,
l’énergie circule sans rupture.
Le geste n’a pas besoin d’être forcé.
Il devient disponible.
Naturel.
Quand l’énergie devient une vibration
Au moment de l’impact balle–raquette,
cette énergie se manifeste sous la forme d’une vibration.
Ce n’est ni un défaut,
ni un problème à corriger.
C’est une conséquence normale du mouvement.
La vraie question n’est pas d’éliminer la vibration,
mais de savoir :
est-ce qu’elle circule, ou est-ce qu’elle s’accumule ?
La main : point de passage ou point de blocage
La main joue un rôle central.
C’est souvent là que tout se joue.
- Main relâchée : l’énergie traverse, le geste est vivant, l’effort perçu est faible.
- Main crispée : l’énergie se bloque, la vibration remonte et se concentre dans l’avant-bras, le coude ou l’épaule.
C’est souvent ainsi que naissent les douleurs chroniques,
comme le tennis elbow.
Ce n’est pas le tennis qui blesse.
C’est une énergie qui ne trouve pas d’issue.
Ce que cela change concrètement dans ton jeu
Quand tu comprends cette logique,
ta recherche change.
Tu ne cherches plus :
- à frapper plus fort avec le bras,
- à serrer la raquette pour « contrôler »,
- à compenser un manque de stabilité par la tension.
Tu cherches plutôt :
- un appui clair et stable dans le sol,
- une transmission continue de l’énergie,
- une main disponible, vivante, connectée au mouvement.
Le coup devient alors :
- plus long,
- plus propre,
- plus économique,
- plus durable.
Le lien avec le travail intérieur
Dans le yoga,
on ne cherche pas à produire de la force.
On apprend à laisser circuler l’énergie,
sans la retenir.
Le même principe s’applique au tennis.
Quand l’énergie circule librement :
- le corps s’autorégule,
- les tensions diminuent,
- le geste se simplifie.
Quand elle est bloquée :
- le corps compense,
- les douleurs apparaissent,
- les frappes se raccourcissent.
Conclusion
L’énergie naît toujours en bas.
La vibration est simplement la forme que prend cette énergie en mouvement.
Le relâchement n’est pas une option.
Il est la condition de la circulation de l’énergie
et de la liberté du geste.
Ce n’est jamais une question de puissance.
C’est une question de circulation.
Dans l’article suivant,
nous verrons comment cette énergie, une fois libérée,
s’organise dans le temps et dans l’espace du jeu.
Il ne s’agit pas d’en faire plus,
mais de mieux enchaîner,
de mieux se replacer,
pour construire un jeu plus juste.
