De la perception à l’efficacité
Au tennis, beaucoup cherchent l’efficacité directement.
Frapper plus fort.
Aller plus vite.
Forcer une stratégie.
Mais l’efficacité ne se décrète pas.
Elle émerge.
Et elle émerge toujours d’un enchaînement précis, simple, mais exigeant.
1. La perception : voir la situation telle qu’elle est
Tout commence par la perception.
Pas ce que tu crois voir.
Pas ce que tu aimerais voir.
Mais ce qui est réellement là.
Voir la position de l’adversaire.
Voir la profondeur de ta balle.
Voir l’espace disponible.
Voir le temps que tu as.
Un joueur qui perçoit juste ne joue pas dans un scénario mental.
Il joue dans le réel.
Quand la perception est claire,
le jeu ralentit intérieurement, même s’il va vite extérieurement.
2. La justesse de l’intention
Une fois la situation perçue,
encore faut-il choisir juste.
La justesse n’est pas la prise de risque maximale.
Ce n’est pas non plus la sécurité excessive.
C’est l’intention adaptée à la situation.
- Jouer long sans frapper fort.
- Utiliser la hauteur plutôt que la puissance.
- Avancer dans le terrain parce que l’adversaire est loin, pas parce que tu l’as décidé à l’avance.
Une intention juste est simple.
Claire.
Sans négociation intérieure.
3. La cohérence interne
Même avec une bonne perception et une intention juste,
si l’intérieur est désorganisé, l’action se dégrade.
La cohérence interne, c’est :
- un corps calme et disponible
- un souffle libre
- un mental intense mais posé
Un corps calme n’est pas un corps mou.
C’est un corps prêt.
Quand l’intérieur est cohérent,
le geste n’est plus forcé.
Il devient évident.
Perception + Intention + Cohérence = Efficacité
L’efficacité n’est pas un objectif en soi.
C’est une conséquence.
- Si la perception est faussée, l’intention est mauvaise.
- Si l’intention est juste mais le corps tendu, l’exécution se dégrade.
- Si le corps est disponible mais l’attention absente, la décision arrive trop tard.
Quand ces trois éléments sont alignés,
le jeu devient simple.
La justesse crée l’efficacité
Ce n’est pas la force qui fait la différence,
mais la justesse.
Une balle longue, bien sentie,
repousse l’adversaire loin derrière sa ligne.
Dans cette situation,
un joueur calme et cohérent le perçoit immédiatement.
Il ne regarde pas sa balle partir.
Il ne s’accroche pas au résultat.
Il agit.
Un pas vers l’intérieur du terrain.
Parfois deux.
Ce pas, fait au bon moment,
vaut souvent plus qu’un coup supplémentaire.
La frappe crée la situation.
Le replacement l’exploite.
L’imprévisibilité comme conséquence
La meilleure stratégie n’est pas celle que tu répètes.
C’est celle que l’adversaire ne peut pas lire.
L’imprévisibilité ne vient pas du chaos.
Elle vient de la présence.
Quand tu perçois juste,
quand ton intention est claire,
quand ton intérieur est cohérent,
tu ne joues plus depuis un schéma figé.
Tu réponds à la situation.
Pour l’adversaire,
il n’y a plus de pattern confortable.
Plus de rythme stable à exploiter.
Conclusion
La performance durable ne vient pas de l’effort supplémentaire.
Elle vient de l’alignement.
Percevoir clairement.
Choisir juste.
Être cohérent intérieurement.
Alors l’efficacité apparaît,
sans être cherchée.
Et le tennis cesse d’être un combat.
Il devient une lecture vivante du jeu.
