Structurer et Donner une Direction dans l’Action

Dans le tennis comme dans la vie, progresser ne dépend pas uniquement de l’intensité que tu mets dans ce que tu fais, mais de la capacité à donner une direction claire à ton action.

Cette faculté à structurer, à décider, à aller au bout de ce que tu commences correspond à ce que j’appelle ici le pôle masculin de la pratique.
Il ne s’agit pas de genre, mais d’une énergie fonctionnelle : celle qui permet d’agir sans se disperser.

La structure : un cadre indispensable à la progression

Un joueur qui progresse est rarement celui qui en fait le plus, mais celui qui crée les bonnes conditions pour faire juste.

Cette structure commence par des éléments simples, souvent négligés.

Le temps : un allié, pas un ennemi

Le respect des horaires est un révélateur puissant.
Une séance qui commence en retard est une séance déjà amputée de sa qualité.

Comme un train qui part sans toi, l’entraînement suit son cours.
Être à l’heure, c’est déjà être engagé.

Un programme réaliste prend en compte les transitions, les déplacements, la récupération.
Vouloir trop en faire, trop vite, crée du stress inutile et fragilise la progression.

Sur une saison, une ponctualité et une rigueur constantes font une différence énorme.

Le matériel : l’excellence dans la simplicité

Là aussi, le principe est simple : less is more.

Un équipement trop chargé encombre l’esprit autant que le corps.

  • Un sac léger et organisé.
  • Du matériel fiable, adapté, connu.
  • Rien de superflu.

Chaque objet doit avoir une fonction claire.
Comme dans le jeu, ce qui n’a pas d’intention précise devient une source de dispersion.

Créer les bonnes conditions pour évoluer

Que tu sois joueur, parent ou entraîneur, cette logique s’applique à l’ensemble de l’environnement :

  • Des raquettes adaptées et entretenues.
  • Des chaussures cohérentes avec la surface.
  • Des entraînements avec un début, un milieu et une fin.

Cette discipline extérieure crée progressivement une discipline intérieure.
Et c’est cette base qui rend ensuite possible la créativité.

L’intuition et l’adaptabilité : l’autre versant du jeu

Si la structure donne la direction, elle ne suffit pas à elle seule.

Un joueur trop rigide finit par se heurter à ses propres limites.
C’est ici qu’intervient l’autre pôle : l’écoute, l’adaptabilité, la fluidité.

Écouter et ajuster

Chaque jour est différent.
Certains jours, le corps répond parfaitement. D’autres moins.

Savoir ajuster son intensité, modifier un objectif, changer de rythme est une compétence clé pour durer.

En match, c’est la même chose.
S’entêter dans un plan de jeu qui ne fonctionne plus est souvent le signe d’un excès de contrôle.

Accepter l’imprévu

Le tennis comporte une part d’incontrôlable :

  • Le vent.
  • Les faux rebonds.
  • Les décisions arbitrales.

Chercher à tout maîtriser rigidifie le corps et ferme la perception.

Les joueurs solides ne sont pas ceux qui évitent l’erreur, mais ceux qui savent rester dans le flux après une erreur.

L’émotion comme information

Les émotions ne sont pas des ennemies.
Elles deviennent problématiques lorsqu’on les subit au lieu de les observer.

La colère peut signaler un manque d’engagement.
La frustration peut révéler une attente irréaliste.
La joie, une direction juste.

Apprendre à lire ces signaux permet de transformer la sensibilité en force.

Structure et fluidité : une alliance nécessaire

Trop de structure sans adaptabilité mène à la rigidité.
Trop de ressenti sans cadre mène au chaos.

Le joueur complet est celui qui sait quand suivre le cadre… et quand l’assouplir.

C’est dans cette alliance que naît un tennis à la fois solide, vivant et durable.

Dans l’article suivant, nous verrons comment l’environnement humain – parents, coachs, culture du club – influence directement la progression et l’épanouissement du joueur.


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