Intensité et stabilité : les deux piliers invisibles du jeu
Imagine.
Tu es sur un bateau.
La mer est calme.
Le vent caresse ton visage.
Au loin, tu aperçois un iceberg.
Blanc.
Immobile.
Majestueux.
Tu pourrais croire que ce que tu vois,
cette partie brillante sortie de l’eau,
représente toute sa puissance.
Mais tu le sais :
ce n’est qu’une illusion.
Sous la surface,
invisible,
se cache l’essentiel.
Environ 95 % de sa masse.
Ce que tu vois… et ce qui te porte
Ton jeu fonctionne exactement de la même manière.
Ce que tu montres sur le court —
le geste,
la frappe,
le résultat —
ne représente qu’une infime partie
de ce qui agit réellement.
La majorité de ton efficacité
vient de ce qui ne se voit pas :
- ta stabilité intérieure
- ta capacité à encaisser l’intensité
- la qualité de ton ancrage
Sans cette base,
l’intensité devient dangereuse.
Avec elle,
elle devient puissance.
L’intensité n’est pas le problème
Beaucoup de joueurs ont peur de l’intensité.
Ils confondent intensité
et tension.
Alors ils ralentissent.
Ils retiennent.
Ils coupent l’élan.
Mais l’intensité est naturelle.
Chaque échange en match
génère une montée d’énergie :
- émotionnelle
- nerveuse
- physique
Le vrai problème,
ce n’est pas cette intensité.
C’est l’absence de stabilité
pour la contenir.
La stabilité : fondation du corps
Ferme les yeux un instant.
Imagine-toi sur un court.
La balle arrive.
Si ton corps est stable,
l’énergie descend dans le sol.
Elle remonte.
Elle circule.
Le geste devient fluide.
Mais si cette stabilité manque,
l’énergie n’a nulle part où aller.
Elle s’accumule.
Elle crispe.
Elle surcharge.
C’est là que naissent
les douleurs,
les blocages,
les blessures.
Créer de la distance entre le mental et le corps
Quand le corps est stable,
un espace apparaît.
Un espace entre
ce que tu penses
et ce que tu fais.
Dans cet espace,
tu n’es plus dominé
par la peur de rater
ou le besoin de réussir.
Tu es présent.
Et cette présence
supporte l’intensité
sans se rigidifier.
L’apprentissage suit la même logique
Tout apprentissage traverse des niveaux :
- Incompétence inconsciente : tu ne sais pas ce qui t’échappe
- Incompétence consciente : tu vois le problème, sans solution
- Compétence consciente : tu sais quoi faire, mais ça demande de l’effort
- Compétence inconsciente : le corps sait, sans tension
À chaque étape,
l’intensité augmente.
Et à chaque fois,
la stabilité du corps
est ce qui permet
de passer au niveau suivant.
Accepter la réalité pour rester stable
La balle est dans le filet.
C’est un fait.
Dès que tu ajoutes du jugement,
tu perds ton axe.
Observer sans lutter,
c’est déjà retrouver l’équilibre.
La stabilité commence
par l’acceptation
de ce qui est.
Quand le jeu naît du silence
Dans les traditions yogiques,
on parle d’Akash :
l’espace.
Et de Chita :
la conscience pure.
Quand ton corps est stable
et que l’intensité circule librement,
tu joues depuis cet espace.
Tu n’essaies plus.
Tu réponds.
Le geste devient juste
parce qu’il est porté
par quelque chose de plus vaste.
Une pratique simple
Quelques minutes par jour
suffisent.
Respirer.
Sentir le sol.
Laisser l’intensité passer
sans la bloquer.
Progressivement,
le tennis cesse d’être une lutte.
Il devient une danse.
Si ce chemin résonne,
tu peux poursuivre ici :
Construire ses points comme on construit une posture
Et si, à l’inverse, tu te sens dépassé ou vidé,
prends le temps de respirer.
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